Les cas positifs à la Covid-19 ne cesse de croitre et le nombre de département en zone rouge, c’est à dire où la circulation du virus est la plus actif, s’allonge. Un confinement risque d’être préconisé. Oui mais dans quels cas? Le Conseil Scientifique donne sa stratégie et ses modalités d’isolement.

L’isolement est un des trois piliers de la stratégie nationale de lutte contre le SARS-CoV-2 aux côtés du dépistage et du traçage des personnes-contact. Il permet, s’il est bien réalisé et accepté, de réduire le risque de contamination secondaire à partir d’un cas index. En France, et dans d’autres pays, il est de 14 jours. Constatant « que le non-respect des mesures d’isolement par une partie (…) possiblement importante des personnes atteintes par le virus ou contacts à risque, fragilise notre capacité à maîtriser les chaines de transmission », constatant également une stratégie d’isolement sans cahier des charges ni budget à l’échelle nationale, des recommandations assez peu relayées auprès du public, le manque de données précises sur les conditions et le suivi de l’isolement, le Conseil Scientifique donne sa stratégie et ses modalités d’isolement. La stratégie proposée, si elle était acceptée, devra être évaluée et rester flexible pour s’adapter à l’évolution de l’épidémie et à l’avancée des connaissances.

Un isolement de 7 jours

Cette stratégie concerne la durée de l’isolement et son renforcement. Le Conseil scientifique appuie son analyse sur les données scientifiques actuelles. Il relève en particulier qu’avec les outils dont on dispose aujourd’hui, « la transmission du Sars-CoV-2 à partir des personnes infectées est maximale entre 2 jours avant l’apparition des signes clinique et 5 jours après, et n’a été documentée que très exceptionnellement au-delà du 8e jour d’infection ». De plus, « il n’y a pas de virus cultivable au-delà du 8e jour chez les patients confirmés présentant des formes ne nécessitant pas d’hospitalisation, même si de très faibles traces du virus restent détectables par RT-PCR au-delà du 8e jour ».

Il propose, sur cette base, un isolement de 7 jours :

  • A partir du jour du début des symptômes pour les cas confirmés, sans attendre les résultats du test ;
  • A partir du jour du prélèvement positif pour les cas asymptomatiques ;
  • A partir du jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes-contact, suivi d’un test diagnostique réalisé au 7e jour d’isolement, isolement qui sera poursuivi si le résultat du test est positif.

Pour toutes ces situations, le Conseil scientifique recommande un isolement de 7 jours.

Cet isolement s’applique :

  • 7 jours après le début des symptômes pour les cas confirmés, sans attendre les résultats du test
  • 7 jours après un prélèvement positif pour les cas asymptomatiques
  • 7 jours après un contact avec un cas confirmé pour les personne-contacts suivi d’un test diagnostique réalisé au 7ème jour d’isolement, isolement qui sera poursuivi si le résultat du test est positif

Les recommandantions du Conseil Scientifique

  1. Pour tous les cas de contamination ou de suspicion de contamination, la durée de l’isolement doit être égal à 7 jours pleins. Durant la semaine qui suit la levée de l’isolement, le risque résiduel peut être parfaitement maitrisé par le port rigoureux du masque chirurgical, et le suivi scrupuleux des mesures d’hygiène et de la distanciation physique.

 

2. Le Conseil scientifique recommande une stratégie d’auto-isolement alliant la promotion du devoir de solidarité à des mesures de    compensations présentées comme des droits visant à en faciliter l’adhésion.

 

  1. Des données recueillies de manière systématique et détaillée représentent un enjeu important pour mesurer le suivi du respect, ou non, de l’isolement. Pour ce faire, un système d’information adapté doit être mis en place au niveau territorial et national.

 

  1. Il est nécessaire que les recommandations en matière d’isolement soient davantage relayées au grand public par les acteurs locaux de manière à ce que chaque français comprenne et puisse appliquer le protocole à suivre en cas de contamination ou de suspicion de contamination.

Le Conseil scientifique insiste sur la nécessité d’associer des membres de la société civile au processus de décision en particulier au niveau des territoires. Le Conseil scientifique réitère cette demande.

Aider les personnes se devant d’être confinée

Le Conseil scientifique recommande que puissent être mises en œuvre les mesures d’incitation et de compensation suivantes, le temps de l’isolement :

Des prescriptions d’arrêts de travail permettant les procédures réglementaires ;

La mention du motif de l’arrêt de travail doit conduire à l’annulation du délai de carence. Cette mesure demandera une décision réglementaire. Il est à noter que l’isolement n’empêche pas, quand l’activité le permet, de télé-travailler en l’absence de symptômes ;

Une prime de compensation de perte de revenus pour les professions indépendantes et pour ceux ne pouvant prouver de revenus réguliers permettant d’autres formes de compensation ;

Des certificats médicaux permettant aux mineurs dans le foyer de justifier de leur absence de l’établissement scolaire le temps de l’isolement du foyer ;

Des prescriptions permettant un service de prise en charge à domicile des besoins (nourriture, soins de santé, assistantes sociales etc.) si nécessaire par les services spécialisés.

Afin de favoriser ce suivi dans la durée, il importe que les données de suivi soient recueillies et analysées de manière systématique et détaillée, notamment à l’échelle territoriale, ce qui nécessite le renforcement du système d’information qui est actuellement insuffisant à ce sujet.

En l’état actuel de l’épidémie, chaque citoyen doit être responsable de son isolement en cas de suspicion de COVID-19 ou lorsque la positivité est avérée, ce qui présuppose une information précise sur le protocole à suivre de la part des autorités sanitaires.