Le 12 octobre est depuis maintenant 15 ans la « Journée européenne du don d’organes et de la greffe ». son but : encourager le débat et l’information du public sur les thèmes du don d’organes, du prélèvement et de la greffe. La FNAIR (Fédération nationale d’aide aux insuffisants rénaux) entend à cette occasion rappeler l’urgence qu’il y a à faire baisser le taux de refus familial de prélèvement post-mortem. La France est avec un taux de 32 % un des plus mauvais élèves européens. Rappelons que dans toute l’Union européenne 61 000 personnes sont en attente d’un don d’organes, dont 12 000 en France. Chaque année en France, 200 personnes meurent en attente d’une greffe.

greffeEn France, la loi dispose que toute personne est considérée comme consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffes si elle n’a pas manifesté d’opposition de son vivant. La loi prévoit donc la possibilité de s’opposer par deux moyens : l’inscription au registre national des refus et/ou la communication de sa position à ses proches afin qu’ils en témoignent en cas de décès. Ce principe, appelé « consentement présumé » est encore mal connu en France. Selon une étude réalisée en 2011 par OpinionWay pour la Fondation Greffe de Vie, 13 % seulement des Français connaissent ce principe. La FNAIR demande une campagne nationale d’information du grand public, relayée par les TV et radios.

Pour faire baisser le taux de refus familial de prélèvement post-mortem, faisons appliquer le principe du consentement présumé

En effet, en France, le consentement des donneurs potentiels n’est ni enregistré ni protégé juridiquement et même le fait de posséder une carte de donneur d’organes ne garantit pas le respect de la volonté des détenteurs. Aujourd’hui, c’est encore et toujours la famille qui a le dernier mot. On estime que ce refus familial fait perdre chaque année entre 500 et 1 000 greffons. Ce n’est pas le principe du consentement présumé qui est ici à remettre en cause, mais bien son application. Dans le cas où la personne a fait connaître son choix de son vivant, il est éthiquement important que son choix s’impose à tous.               

Si elle ne l’a pas fait connaître, la procédure du consentement présumé devrait être appliquée.

La baisse du taux de refus familial passe également par une augmentation des moyens consacrés à la formation des professionnels de santé qui coordonnent les prélèvements d’organes. En effet, le consentement familial dépend souvent plus de l’intervieweur que de l’interviewé. Former systématiquement tous les coordonnateurs et professionnels en lien avec la transplantation leur permettrait de mieux expliquer et convaincre les proches (et le grand public) que les patients en mort encéphalique sont décédés, et d’amorcer plus sereinement la question délicate de l’éventualité du don.

Affirmer la nécessité et l’urgence à faire baisser le taux de refus de prélèvement après mort encéphalique ne doit enfin pas nous faire oublier les autres sources de greffons disponibles, à savoir     le prélèvement à cœur arrêté et le don du vivant, encore insuffisamment développé en France (10 % seulement du nombre total de greffes rénales en 2011, contre 45 % en Suède, 38 % au Royaume-Uni et 37 % aux Etats-Unis). La FNAIR s’engage pour qu’aucune de ces pistes ne soit oubliée, qu’aucune chance en France ne soit perdue pour les insuffisants rénaux.