Comme vous le savez, le 28 juin nous sommes appelé aux urnes. Alors est-il dangereux d’aller voter le 28 juin? Voici l’avis du Conseil Scientifique en accord avec Santé Publique France.

Le gouvernent a décidé d’organiser le second tour des élections municipales le 28 juin 2020 et a demandé au Conseil scientifique une analyse de la situation épidémiologique avant le scrutin. Est-il dangereux d’aller voter le 28 juin? Pour le savoir, Le gouvernement a saisi le Conseil scientifique pour qu’il se prononce à deux reprises, les 8 juin et 14 juin, sur l’état de l’épidémie et sur les risques sanitaires attachés à la tenue du second tour. Il est aussi demandé au conseil scientifique de proposer une analyse particulière de la situation de Mayotte et de la Guyane afin de formuler, le cas échéant, des éléments spécifiques relatifs à la campagne électorale et à la tenue du second tour, sur ces territoires.

Comme dans ses précédents avis relatifs au processus électoral, le Conseil scientifique produit dans le présent avis des éléments visant à éclairer les décisions des autorités publiques (avis sanitaire du Conseil scientifique et décisions par les autorités publiques) et ne prend pas en compte d’autres importants aspects politiques plus généraux (régularité institutionnelle, effets sur l’abstention, sincérité du scrutin, légitimité des mandats exécutifs prolongés, etc.) ne relevant pas de son appréciation. Alors, est-il dangereux d’aller voter le 28 juin?

Où en est l’épidémie de Covid-19?

Les indicateurs épidémiologiques rassemblés à la date du 5 juin 2020 par Santé Publique France se situent sur l’ensemble du territoire à un niveau bas. Ils et ne témoignent pas d’une reprise de l’épidémie. Ces indicateurs peuvent être décrits comme suit :

Résultats des tests RT-PCR issus de la base SI-DEP : Le nombre de tests réalisés est de 35 000 tests par jour. Entre le 27 mai et le 2 juin 2020, 199 829 patients ont été testés pour le SARS-CoV-2, le taux de positivité était de 1,6% et le taux d’incidence de 4,7 pour 100 000 habitants. Le taux d’incidence était inférieur à 7 pour 100 000 habitants dans toutes les régions métropolitaines.

Estimation du nombre de reproduction effectif (dit « R effectif ») : Le nombre de reproduction effectif sur une période glissante de 7 jours est inférieur à 1 au niveau national ainsi que dans toutes les régions métropolitaines.

Nombre de patients hospitalisés (base de données SI-VIC) : Le 5 juin 2020, 12 696 cas de COVID-19 étaient en cours d’hospitalisation, dont 1 094 en réanimation. Depuis le 01 mars 2020, 18 761 décès et 70 504 retours à domicile ont été rapportés parmi les patients ayant été hospitalisés. Dans les dernières 24 heures : 213 nouveaux cas ont été hospitalisés, 19 nouvelles personnes ont été admises en réanimation, 47 personnes sont décédées à l’hôpital et 549 personnes sont retournées à domicile.

Passages aux urgences pour suspicion COVID-19 : Le 4 juin 2020, 337 passages aux urgences pour suspicion de COVID-19 ont été rapportés soit 1% de l’activité totale. Les effectifs de passages et leur part dans l’activité totale aux urgences sont stables ou en baisse dans toutes les régions.

Base de données SOS médecins : Le 4 juin 2020, 186 actes médicaux pour suspicion de COVID-19 ont été rapportés, soit 3% de l’activité totale des associations SOS médecins. Les effectifs d’actes médicaux ainsi que leur part dans l’activité totale sont stables ou en baisse dans toutes les régions.

Foyers épidémiques (clusters) : Le virus continue de circuler en France métropolitaine avec un total de 158 clusters identifiés depuis le 9 mai 2020. Au 7 juin, 82 (52%) sont en cours d’investigation, 29 (18%) sont maitrisés, 47 (30%) sont clôturés.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte de baisse de la circulation du SARS-CoV2 en France depuis plus de 9 semaines. La survenue de foyers épidémiques indique que le virus continue de circuler sur l’ensemble du territoire, ce qui était attendu à la sortie du confinement. Considérés globalement, ces éléments correspondent au scénario d’une épidémie « sous contrôle » décrit dans l’avis 7 du Conseil Scientifique.

Attention à Mayotte et à La Guyane!

Le Conseil scientifique souligne que la situation épidémiologique en métropole peut cependant encore évoluer, notamment à l’échelle locale. Quelle que soit l’évolution de la situation, le Conseil scientifique renouvellera son analyse épidémiologique le 14 juin, soit 15 jours avant la date prévue du scrutin.

  1. En France métropolitaine, considérant les éléments relatifs à la situation épidémiologique ainsi que les risques associés à la tenue du second tour des élections municipales, le Conseil scientifique estime ne pas avoir à apporter d’éléments de nature à modifier substantiellement l’avis qu’il a rendu le 18 mai 2020. Il appartient aux autorités publiques de choisir les dispositions qu’elles décident de mettre en œuvre dans ce contexte.
  1. Concernant plus spécifiquement la situation à Mayotte et en Guyane, le Conseil scientifique attire l’attention des autorités publique sur l’importance des risques particulièrement élevés associés à la campagne électorale qui précéderait le scrutin. Il appartient de même aux autorités publiques de choisir les dispositions qu’elles décident de mettre en œuvre dans ces territoires.
  1. Le Conseil scientifique produira une nouvelle analyse le 14 juin 2020, soit 15 jours avant la date prévue du scrutin.

 

 

Cet avis a été transmis aux autorités nationales le 8 juin 2020 à 18H.