La Fondation Nicolas Hulot braque le projecteur sur dix bonnes nouvelles de l’année 2020. Ces belles histoires n’auraient pas pu voir le jour sans l’investissement des associations et des bénévoles engagés dans le programme J’agis pour la nature, créé par la Fondation il y a 10 ans.

Même pendant le confinement, il y a quand même des bonnes nouvelles qui circulent ! Modestement mais sûrement, les avancées existent bel et bien sur le front de la biodiversité. Retour d’espèces menacées, restauration des milieux, re-végétalisation. Voici les dix bonnes nouvelles de l’année 2020 pour l’environnement.

L’IMPACT TANGIBLE DES 800 ASSOCIATIONS ET 27 000 BÉNÉVOLES DE JAGISPOURLANATURE.ORG

Ils plantent des arbres en ville ou revégétalisent les plages, ils soignent les animaux menacés, creusent des mares, ramassent des déchets, débroussaillent les pelouses sèches... Au  fil des ans, les quelques  800 associations et 27 000 bénévoles du programme J’agis pour la nature ont un impact de plus en plus tangible sur l’environnement. Ces « réparateurs de la nature » forment un collectif puissant grâce auquel la nature reprend ses droits, en bonne harmonie avec l’Homme. Bien sûr, les avancées peuvent sembler modestes au regard des enjeux titanesque liés à la protection de la biodiversité. Mais une chose est sûre : plus le collectif de ces bénévoles sera puissant, plus il aura de chances de voir les bonnes nouvelles se multiplier sur le front de la biodiversité.

RESTAURATION DES MILIEUX ET RETOURS D’ESPÈCES QUE L’ON CROYAIT DISPARUES

Alors que les milieux humides, dunes et prairies ouvertes disparaissent en France1, les bénévoles de J’agis pour la nature se mobilisent pour restaurer les écosystèmes, dépolluer et, au final, permettre aux espèces de se réapproprier les espaces.

1- LES OISEAUX MIGRATEURS SONT DE RETOUR

Depuis 2015, les bénévoles de l’association Le Pic Vert (Isère) restaurent le site dégradé d’une ancienne carrière, dans la plaine de la Bièvre, au nord de Grenoble. Ils enlèvent des déchets et ferrailles, replantent des arbres, creusent des mares… Résultat : les oiseaux migrateurs, qui avaient déserté cette plaine en culture intensive depuis des années, reviennent. En 2020, la gorgebleue à miroir, qui avait disparu de la plaine depuis les années 70, a fait sa réapparition. On a aussi observé le retour de la fauvette babillarde. Le site ne plait pas qu’aux seuls oiseaux migrateurs : des belettes sauvages très rares ont aussi été aperçues.

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2- LES ORCHIDÉES REPOUSSENT SUR LES PRAIRIES CALCAIRES

Les bénévoles déboiseurs de l’association Les Blongios (Nord) défrichent chaque hiver les coteaux calcaires du Boulonnais, dans le Parc Naturel des Caps et Marais d’Opale. En arrachant les aubépines, ils permettent à la pelouse calcaire, qui a reculé avec la diminution du pastoralisme, de regagner du terrain. Résultat : certaines espèces sont de retour, papillons (damier de la Succise), oiseaux (bruants jaunes…). En 2020, deux orchidées qui avaient disparu des côteaux – l’orchis de Fuchs et l’orchis mâle – repoussent sur les pelouses calcaires.

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3- LES ZONES HUMIDES AU SECOURS DES ÉLEVEURS

Dans la Creuse, les habitants se mobilisent avec le Conservatoire d’espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, pour sauvegarder leurs zones humides. A l’automne, ils jouent ainsi du sécateur pour enlever les ligneux qui les colonisent. Ces zones humides restaurées permettent aux éleveurs locaux de faire pâturer leurs animaux l’été, alors que le fourrage vient de plus en plus souvent à manquer à cause de la sécheresse. Cette sauvegarde  des  zones  humides par leur entretien est cruciale à double titre : pour la biodiversité d’abord (elles abritent 30% des espèces protégées ou menacées au niveau national), mais également pour le bon fonctionnement des écosystèmes et à la préservation des réserves en eau.

https://www.jagispourlanature.org/structure

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4- COLLECTE DE DÉCHETS EN MONTAGNE : UNE ANNÉE RECORD !

Quand la neige fond, les déchets remontent à la surface. Chaque année, plus de 150 tonnes de déchets sont jetés et transforment les montagnes en décharges à ciel ouvert. De mai à septembre, l’association des Moutain Riders, dans les Alpes, organise des collectes géantes pour restaurer la montagne. 2020 a été l’année de tous les records, tant en termes de nombre de bénévoles que de déchets collectés dans les montagnes. Cet engagement citoyen,  en cette période si particulière, est une bonne nouvelle en soi.

5- LA RÉUNION EST DE NOUVEAU UN SANCTUAIRE POUR LES TORTUES VERTES

Menacées d’extinction, les tortues vertes sont de retour depuis plusieurs années sur l’Ile de la Réunion. Deux d’entre elles – Gaby et Emma – viennent régulièrement y pondre leurs œufs, tous les trois à quatre ans. Ce qui les incite à revenir ? Sans doute de lointains souvenirs d’enfance… En effet, quand elles ne sont pas gênées par les effets de l’urbanisation, les tortues vertes viennent pondre sur leur lieu de naissance. Mais les bénévoles des Éclaireuses et Eclaireurs de la Nature n’y sont sans doute pas pour rien : les maniocs bord de mer, patates à durand ou encore veloutiers qu’ils ont plantés le long des plages, constituent une barrière de protection efficace contre les bruits et les lumières des voitures.

ASSOCIATIONS ET BÉNÉVOLES AUX PETITS SOINS POUR LA FAUNE SAUVAGE

La faune sauvage recule partout dans le monde et la France ne fait pas figure d’exception2. Pourtant, des actions concrètes permettent sur le terrain de lutter contre le phénomène. Quelques exemples :

6- DES BÉBÉS BUSARDS SAUVÉS DES LAMES DES MOISSONNEUSES BATTEUSES

Chaque printemps, les bénévoles de l’association Meuse Nature Environnement débusquent les nids des bébés busards, à même   le sol, dans les hautes tiges des champs de céréales. Objectif : éviter que les moissonneuses batteuses ne broient les oisillons encore incapables de voler. En 2020, quinze bébés busards ont été sauvés grâce à la mobilisation de Meuse Nature Environnement et des bénévoles qu’elle recrute chaque année, notamment via jagispourlanature.org. Le département est l’un des rares bastions de France où la population de Busards n’est pas encore en régression.

7- 900 ANIMAUX SOIGNÉS ET RÉINTRODUITS DANS LA NATURE

Le centre de soin de l’association Tétras Libre (Savoie) a pour but de recueillir, soigner, rééduquer les animaux sauvages en détresse puis de les relâcher dans leur milieu naturel. Il accueille différentes espèces d’oiseaux, mais aussi des mammifères comme des hérissons ou des faons. En 2020, rien qu’entre  mai et septembre, le centre  a secouru plus de 900 animaux, avec l’aide d’une centaine de bénévoles.

https://www.jagispourlanature.org/activite/ participez-la-protection-de-la-faune-sauvage

LA NATURE EN VILLE FAIT LE BONHEUR DES CITADINS… ET DES ANIMAUX

Les Français ont soif de chlorophylle, ils veulent plus de nature et de biodiversité en ville3. Préserver l’environnement et rétablir le lien entre l’Homme et la nature fait partie des valeurs fortes défendues par les bénévoles de J’agis pour la nature.

8- DES PÉPINIÈRES DE QUARTIER REFLEURISSENT PARIS

L’association Pépins Production gère aujourd’hui deux pépinières à Paris (11ième, 20ième). Les bénévoles font pousser des milliers de plants endémiques, adaptés au milieu urbain et au climat de la région. Réemploi des déchets urbains pour le terreau, pas d’entrants ni pesticides : les modes de productions sont responsables. Les plants sont vendus aux adhérents de Pépins Production et approvisionnent les écoles, balconnières des habitants, potagers et jardins partagés de la ville. En 2020, l’association a connu un record de vente de ses plants. C’est grâce à l’engagement des bénévoles que ces plants ont pu pousser normalement durant le confinement et contribuer à la végétalisation de la ville.

https://jagispourlanature.org/structure/pepins-production-0

9- UNE MINI FORÊT URBAINE REDONNE DU SOUFFLE À LA VILLE

Depuis 2013, les Planteurs volontaires (Nord) ont planté 135 000 arbres, avec l’aide de près de 8 000 bénévoles. Ils replantent partout, pas seulement en villes, mais aussi sur les parcelles agricoles ou les zones humides. En 2020, une mini-forêt urbaine a vu le jour sur une ancienne friche industrielle à Roubaix. Plantés début mars, les 600 arbres (noisetiers, bourdaines, boulots…) se sont vite adaptés au terrain. Aujourd’hui, une flore diversifiée se développe près des arbres : preuve que la nature reprend vite ses droits, si on lui donne sa chance.

https://jagispourlanature.org/structure/planteurs-volontaires

10 – LE CASTOR RÉ-EMMÉNAGE EN CENTRE-VILLE

L’ Association Des espèces parmi’Lyon (Rhône) agit pour inventorier les espèces de la Métropole, impliquer les citoyens et restaurer   les écosystèmes. En 2020, les bénévoles ont réalisé un atlas des 1 600 espèces animales et végétales présentes dans le 1er arrondissement de Lyon, le plus peuplé de la ville. Certains ont participé à l’installation de Gabiodiv – des casiers permettant de revégétaliser les berges bétonnées de Lyon. Grâce à ces casiers, les castors sont de retour en centre-ville, à quelques encablures de la place Bellecour. Ces casiers accueillent aussi des martins pêcheurs, des hérons cendrés et le « jonc fleuri », une espèce classée en danger d’extinction en Rhône-Alpes.

 

Notes :

1 Moins de 10% des dunes, tourbières et zones humides françaises seraient dans un état favorable selon la dernière étude de l’UMS PatriNat parue en 2019. Selon la même source, 56% des prairies ouvertes seraient dans un état défavorable.

2 En France métropolitaine, 33% des mammifères menacés ou quasi menacés, 24% des reptiles, 23% des amphibiens et 32% des oiseaux nicheurs sont menacés de disparition du territoire. Source : liste rouge des espèces menacées UICN / MNH

3 8 Français sur 10 estiment qu’accorder plus d’importance aux espaces verts en ville doit être une priorité pour les futurs élus. Source : Observatoire des villes vertes, juin 2020.