Dans une tribune publiée par le 27 septembre dans le JDD, sept médecins s’inquiètent d’une « deuxième vague bien plus difficile à gérer pour les hôpitaux et les services de réanimation que la première ».

Neuf mois après l’apparition de la Covid-19 en Chine, la maladie a fait dimanche sa millionième victime, avec une courbe qui repart à la hausse en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, Inde en tête.

En Asie, où le bilan avait été de moins de 100 décès quotidiens jusqu’à mi-avril, la hausse est depuis continue. Le continent dépasse régulièrement les 1 000 morts par jour depuis le 20 juillet. Il s’approche aujourd’hui des 1 500, emmené par l’Inde, qui compte 90 000 morts du Covid-19 au total et plus de 1 100 par jour la semaine dernière.

La courbe de cas repart en Europe, avec une hausse cette semaine de 20 % en moyenne par rapport à la précédente. Les décès aussi sont en augmentation (614 par jour, + 28 %) renforçant la crainte d’une seconde vague.

Les décès sont aussi repartis à la hausse au Moyen-Orient (autour de 330 la semaine dernière, soit 18 % de plus par rapport à la précédente).

Sept médecins réclament une réaction immédiate de la part du gouvernent contre le coronavirus. Ce collectif demande la mise en place « dès ce week-end » de « mesures drastiques » pour éviter « une deuxième vague bien plus difficile à gérer pour les hôpitaux et les services de réanimation que la première ».

« Sans mesure forte pour lutter contre l’épidémie, le nombre de patients admis chaque jour en réanimation dans un mois sera d’environ 650, équivalent à celui que nous avons connu au maximum de la première vague et dépassera 1 200 mi-novembre », préviennent-ils dans une tribune publiée dimanche dans le JDD.

Suspendre les activités où le port du masque n’est pas possible

« L’Espagne, Israël, le Royaume-Uni, l’Italie ont depuis près de 15 jours déjà mis en œuvre des mesures allant pour certains jusqu’au confinement. La situation sanitaire de la France n’est pas différente de celle de ces pays« , expliquent les médecins, dont le docteur en infectiologie Karine Lacombe et le professeur de santé publique Philippe Amouyel, de l’hôpital universitaire de Lille.

« C’est dès maintenant qu’il faut agir vite et fort »

Le collectif de médecins demande que « partout, et à tout instant« , les mesures annoncées par le gouvernement s’accompagnent « d’un respect strict du port du masque et des mesures barrières«  et que soient suspendues toutes les activités où cela n’est pas possible. « Les bars et restaurants doivent respecter strictement les heures de fermeture décidées par le gouvernement et appliquer strictement les mesures barrières : le masque doit y être porté en permanence sauf lors des consommations effectives« , précisent-ils.

« Appliquées dès ce week-end et maintenues pendant 2 à 3 semaines, ces mesures pourraient ramener le niveau de l’épidémie à celui que nous avons connu en juin dernier«  et permettraient de passer « des vacances de la Toussaint sereines« . Parmi les signataires figurent également Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et Bruno Mégarbane, chef du service réanimation médicale à l’hôpital Lariboisière.

 

Sources : AFP, JDD