A la suite des vœux présidentiels, 20 départements devraient voir leur couvre-feu avancé à 18 heures, dès samedi.

Après une période de décrue de l’épidémie, la fin d’année intervient dans un contexte de forte incertitude épidémiologique et une possibilité de reprise incontrôlée de l’épidémie en janvier 2021.

Si les mesures de santé publique restrictives prises depuis octobre 2020 (couvre-feu, confinement partiel…) ont eu pour effet de diminuer considérablement la circulation du virus SARS- CoV-2, on ne constate plus d’amélioration de la situation épidémiologique depuis début décembre et on constate même une légère dégradation.

  Une évolution préoccupante des principaux indicateurs

Selon les éléments communiqués par Santé Publique France, au 21 décembre 2020, la tendance à la hausse du nombre de cas incidents se confirme, avec 17 238 cas confirmés en date de prélèvement du vendredi 18 décembre 2020 (données consolidées). L’incidence sur 7 jours glissants poursuit son augmentation (139,5 cas pour 100 000 habitants du 12 au 18/12/20, soit + 19 % par rapport à la semaine du 05 au 11/12/20) avec de fortes variations régionales.

En métropole les taux d’incidence augmentent dans l’ensemble des régions mais les taux de positivité diminuent également dans l’ensemble des régions. Les plus fortes augmentations du taux d’incidence sont notées en régions PACA (+ 35 %), Grand-Est (+ 25 %) et Auvergne- Rhône-Alpes (+ 22,1 %). Ces augmentations du taux d’incidence s’accompagnent toutes d’une diminution du taux de positivité (et d’une augmentation du taux de dépistage), soit – 0,4 points en PACA, – 1 point en Grand-Est et – 4 points en Auvergne-Rhône-Alpes. L’augmentation du taux d’incidence est donc due au moins en partie, mais pas entièrement à une augmentation du taux de dépistage dans l’ensemble des régions métropolitaines.

Au total, la circulation du SARS-CoV-2 sur le territoire ne faiblit pas. Cette situation est également observée, souvent de façon plus marquée, dans la plupart des pays européens ce qui a conduit plusieurs d’entre eux à prendre des mesures restrictives plus stricte.

Dans ce contexte, et alors que depuis le 15 décembre le dispositif de santé publique a été allégé avec un couvre-feu de 20h à 6h du matin, il est possible qu’un surcroît de contaminations intervienne en fin d’année, notamment à l’occasion des fêtes, propices à des rassemblements familiaux et amicaux.

Le Conseil scientifique estime probable qu’un tel surcroît de contaminations provoque à horizon de quelques semaines une reprise incontrôlée de l’épidémie, une forte augmentation des hospitalisations, des placements en réanimation et des décès. Une telle situation exigerait alors, notamment compte tenu de la forte pression exercée actuellement sur la capacité hospitalière, que soient prises de nouvelles mesures de restriction de circulation et de rassemblements de personnes plus strictes, selon trois options possibles. La réponse à ce risque possible, mais non certain, est difficile à conceptualiser. Trois options sont envisageables.

Les membres du Conseil Scientifique envisagent trois options

Face à ce risque et dans un contexte d’incertitude, le Conseil scientifique estime, avec prudence, que trois options peuvent être envisagées par les autorités sanitaires :

  • Option 1 : un « renforcement préventif » rapide, strict et possiblement de courte durée, des mesures pour limiter les contaminations pendant la deuxième semaine des congés de fin d’année dès le 28 décembre. Les mesures actuelles (fermeture de certains lieux, couvre-feu…) risquent de se révéler insuffisantes pour dissuader les ras- semblements familiaux et amicaux à l’occasion des congés et du réveillon de la Saint- Sylvestre.
    1. Dans certaines régions, territoires, métropoles, on observe une circulation du virus élevée avec une augmentation modérée mais réelle du nombre d’hospitalisations (Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté). Dans ces zones géographiques, à un niveau à déterminer (départements, villes…), on pourrait mettre en place un confinement strict de la population à partir du 28 décembre 2020, tout en laissant la possibilité de retour aux vacanciers qui s’y trouvent. Cette réponse régionale pourrait permettre de limiter la tension sur le système de soins dans des régions déjà très touchées lors de la première vague.
    2. Un confinement national parait plus difficilement acceptable et moins pertinent s’il est basé uniquement sur le nombre de nouvelles contaminations.
  • Option 2 : une réponse différée et adaptée au surcroît de contaminations intervenues en fin d’année. Cette option vise à réagir après coup, mais rapidement, en ralentissant début janvier la circulation du virus, limitation d’activités sociales ou économiques pouvant favoriser des contaminations en s’appuyant sur les données scientifiques issues des différentes enquêtes sur les lieux de contamination pour mieux cibler les mesures de restrictions.

 

  • Option 3 : une réponse plus tardive visant à limiter les effets d’une reprise de l’épidémie. Cette option consiste à réagir au moment de la reprise épidémique (évaluée pas seulement sur le nombre de nouveaux cas, mais surtout sur le nombre de nouvelles hospitalisations), par des mesures de restriction accrues, pouvant aller jusqu’à un confinement prolongé. Cette réponse présente le risque d’intervenir trop tardivement et de conduire ensuite à des mesures plus sévères, plus longues et/ou restrictives que celles entrant en vigueur plus tôt. Par contre, cette décision s’appuiera sur un marqueur solide : le nombre de nouvelles hospitalisations.

Voici les 20 départements où le couvre-feu devrait commencer à 18 h dès samedi

L’Allier (03),

les Hautes-Alpes (05),

les Alpes-Maritimes (06),

l’Ardèche (07),

les Ardennes (08),

l’Aube (10),

le Doubs (25),

le Jura (39),

la Marne (51),

la Haute-Marne (52),

la Meurthe-et-Moselle (54),

la Meuse (55),

la Moselle (57)

la Nièvre (58),

le Haut-Rhin (68),

la Haute-Saône (70)

la Saône-et-Loire (71),

les Vosges (88),

l’Yonne (89)

le Territoire de Belfort (90)

 

Sources : Conseil Scientifique, Santé Publique France