L’arrêt cardiaque extra-hospitalier représente un problème de santé publique majeur, avec plus de 40000 évènements chaque année en France. Moins de 10% des patients survivent. Les premières minutes de prise en charge sont cruciales, et une réanimation adaptée initiale plus systématique par le témoin, associant massage cardiaque externe et usage d’un défibrillateur, devrait permettre d’atteindre des taux de survie plus élevés. Un programme ambitieux et coordonné basé sur l’éducation de toute la population aux gestes qui sauvent, dès le jeune âge, est indispensable pour améliorer le pronostic. L’Académie Nationale de Médecine propose dans ce document une stratégie, identifiant quatre mesures essentielles pour une meilleure éducation de la population aux gestes qui sauvent.

 

L’éducation du public sur l’arrêt cardiaque est le point clé de l’amélioration de la survie et la France reste très en retard. (4) Aujourd’hui moins d’un tiers des Français sont formés aux gestes de premiers secours et 55 % des collégiens, alors que leur initiation est obligatoire depuis la loi de 2004. Non seulement, ce déficit de formation initiale est important, mais le maintien des connaissances dans le temps est quasi inexistant.
Recommandations de l’Académie Nationale de Médecine (Résumé)
Malgré des progrès notables, la survie après arrêt cardiaque (40 000 cas annuels) reste faible en France (mois de 10%) et son amélioration dépend essentiellement de l’éducation du public, peu développée dans notre pays. Pour une meilleure éducation du public, l’Académie Nationale de Médecine recommande quatre actions :
1) Former toute la population française aux gestes qui sauvent.
Actuellement moins de 30 % des citoyens français ont été formés et l’objectif est de former 80% de la population française à l’horizon 2022.
Pour cela, il faut débuter l’initiation aux premiers secours dès l’école, pérenniser l’apprentissage durant toute la vie, simplifier et améliorer la formation citoyenne aux premiers secours. La formation doit être répétée au moins tous les 5 ans et rendue obligatoire à certains moments citoyens. Les formations actuelles peu lisibles, doivent être remplacées par un socle commun de sessions courtes. L’enseignement présentiel doit être complété par l’e-learning. Par ailleurs, il faut faciliter la formation des formateurs et des autres intervenants, et augmenter leur nombre. Des équivalences entre les différents diplômes de formateurs doivent être mises en place. L’implication d’autres intervenants (notamment enseignants et personnels de santé) pour l’initiation aux gestes qui sauvent, n’ayant pas le statut officiel de formateur, est indispensable.
2) Mettre en place un guichet unique
La coordination à l’échelon national de la stratégie, des moyens et de l’évaluation est une des clés de la réussite et doit s’accompagner des moyens financiers indispensables.

3) Lever les freins à la pratique du MCE et à l’emploi du défibrillateur automatisé externe par le grand public.

Une loi de protection des premiers intervenants doit être discutée.
4) Accélérer l’installation, la localisation et le contrôle des défibrillateurs automatisés externes.
Le défibrillateur et le secouriste les plus proches doivent être facilement localisés, notamment via des applications sur smartphone, dont l’harmonisation est souhaitable.