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20 nouveaux sites ajoutés au Réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO

20-nouveaux-sites-ajoutés-au-Réseau-mondial-des-réserves-de-biosphère-de-l-UNESCO-santecoolLe Conseil international de coordination du Programme de l’UNESCO sur l’Homme et la biosphère (MAB, Man and the Biosphere), réuni à Lima (Pérou) du 18 au 19 mars, a ajouté 20 nouveaux sites au Réseau mondial des réserves de biosphère, dont 18 sites nationaux et un site transfrontalier, partagé entre l’Espagne et le Portugal. Le Conseil a également approuvé neuf extensions de réserves de biosphère. Suite au retrait de deux sites à la demande de l’Autriche, le nombre total de site est de 669, dont 16 sites transfrontaliers, répartis dans 120 pays.

 

Le Programme sur l’Homme et la biosphère, créé par l’UNESCO au début des années 1970, est un programme scientifique intergouvernemental visant à améliorer les relations entre les habitants de la planète et leur environnement naturel au niveau mondial.

Les réserves de biosphère sont des sites d’apprentissage pour le développement durable destinés à concilier la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable des ressources naturelles. Les nouvelles réserves sont désignées chaque année par le Conseil international de coordination du programme composé des représentants élus de 34 États membres de l’UNESCO.

Les nouvelles réserves de biosphère

Monts de Tlemcen (Algérie) – Situé dans la Province de Tlemcen, qui abrite une riche biodiversité, des sites archéologiques importants, des paysages culturels et des grottes, la réserve de biosphère couvre une superficie totale de 8 225 ha, correspondant aux limites du Parc national de Tlemcen.

Beaver Hills (Canada) – Ce paysage morainique situé dans la province d’Alberta, à l’ouest du pays, a été modelé par le retrait progressif des glaciers, il y a près de 12 000 ans, qui a laissé des marécages, des lacs et des paysages rocheux caractéristiques de la zone boréale. Le site est aujourd’hui composé de paysages agricoles modifiés par l’homme, de forêts mixtes, de prairies et de zones humides. Les écosystèmes forestiers et des hautes terres offrent un habitat idéal pour les bisons, daims, wapitis et élans et pour de nombreuses espèces de gibier d’eau. Le castor est également très répandu dans la réserve. Trente-six plantes observées dans la moraine sont considérées comme menacées compte-tenu de leur population réduite. Les 12 000 habitants qui peuplent le site vivent essentiellement de l’agriculture.

Tsá Tué (Canada)– Située dans les Territoires Nord-Ouest du pays, cette réserve de biosphère est constituée des terres des Sahtúto’ine (peuple du Grand lac de l’Ours) et une partie du bassin hydrographique du Grand lac de l’Ours. Il s’agit du dernier lac arctique vierge. La Taïga qui recouvre une bonne partie du site abrite une importante faune sauvage : bœuf musqué, élan commun et caribous notamment. La seule communauté qui peuple cette zone est la communauté de Déline (littéralement « là où l’eau coule »). Elle compte environ 600 personnes, installées sur la rive occidentale du Grand lac, qui vivent de récolte et d’une activité touristique modérée.

Lac Bosomtwe (Ghana) – Situé dans la région Ashanti du pays, il est l’un des six lacs de cratères météoritiques du monde. Au sud, il chevauche la partie nord de la Réserve forestière Bosomtwe Range, créant une combinaison d’écosystèmes de forêts, de zones humides et de montagnes. On y recense 35 espèces d’arbres, dont certaines sont exploitées, et une grande diversité de la faune. La zone compte une population de plus de 50 000 habitants. Les principales activités économiques sont l’agriculture, la pêche et le tourisme, le lac étant une destination touristique majeure au niveau national. La zone est largement utilisée à des fins de recherche, notamment sur le changement climatique, ainsi que pour l’éducation à l’environnement dans les écoles et les universités.

La Hotte (Haïti) – Située au sud-est du pays, cette réserve de biosphère comprend à la fois une zone terrestre et une zone marine. La région est considérée comme un point chaud de biodiversité. Sa biodiversité tient à sa variété climatique, qui va du climat humide au climat subtropical sec. La réserve comporte six pics, dont le plus haut culmine à 2347 mètres (Pic Macaya), ainsi qu’un écosystème marin et côtier dans le nord (Iles Cayemites) et le sud (Ile-à-Vache). La réserve compte plus de 850 000 habitants qui vivent principalement de l’agriculture, de la pêche, de l’agroforesterie, de l’artisanat et du commerce.

Agasthyamala (Inde) – Cette réserve de biosphère se trouve dans la partie la plus au sud des Ghats occidentaux, dans le sud du pays, avec un point culminant à 1 868 m au-dessus du niveau de la mer. L’écosystème principal est la forêt tropicale. Le site abrite 2 254 espèces de végétaux supérieurs, dont 405 sont endémiques. C’est aussi un réservoir génétique exceptionnel de plantes cultivées, en particulier de cardamome, jamelonier, noix de muscade, poivre et bananes plantain. Il comporte en outre trois sanctuaires animaliers – Shendurney, Peppara et Neyyar, ainsi que la Réserve de tigres de Kalakad-Mundanthurai. La population qui vit sur le site, soient près de 3000 personnes, utilise essentiellement les ressources biologiques pour sa subsistance. Dernièrement, des projets ont été mis en œuvre avec succès pour réduire leur dépendance vis-à-vis des forêts.

Balambangan (Indonésie) – Située dans la province de Java oriental, la réserve de biosphère s’étend sur trois Parcs nationaux (Alas Purwo, Baluran et Meru) et une réserve naturelle (Kawah Ijen) qui couvrent des écosystèmes aussi bien terrestres que marins : zones karstiques, savane, forêt alpine et subalpine, forêt de haute montagne, collines, forêts de plaine, forêts côtières, mangroves, herbiers marins et récifs coralliens. L’activité économique sur le site inclut l’agriculture (productions vivrières et horticoles) et l’agroforesterie (plantations de teck, d’acajou).

Hamoun (Iran) – Cette zone située dans le sud-est du pays, est constituée d’écosystèmes terrestres et de zones humides, totalisant sept types d’habitat dont des zones désertiques et semi-désertiques ainsi que le lac Hamoun avec ses marécages et ses bassins hydrographiques. Les trois zones humides incluses dans la réserve sont les plus importantes de la région. Il s’agit d’un site majeur pour les oiseaux migrateurs (183 espèces) et le lieu de vie de trente espèces de mammifères et de cinquante espèces végétales. D’un point de vue culturel, le site renferme des monuments historiques notables ainsi que des temples antiques comme ceux du Mont Khajeh et de Shahr-e-Soukhteh.

Collina Po (Italie) – Située dans le nord de l’Italie, dans la région du Piémont, cette réserve de biosphère couvre l’ensemble du tronçon turinois du Pô, avec ses principaux affluents. Le fleuve Pô est le principal réservoir de biodiversité de la plaine du Turin, en raison des nombreuses zones humides le long de son cours. Les caractéristiques physiques et géologiques ont conduit à la formation de nombreux rivages graveleux, méandres morts et bandes boisées abritant de nombreuses espèces. Ces ressources naturelles sont de grande valeur dans un contexte de forte densité humaine, avec la proximité de Turin (900 000 habitants) et des communes avoisinantes.

Barsakelmes (Kazakhstan) – Cette réserve de biosphère se situe dans la zone désertique allant du Sahara au désert de Gobi, dans le bassin de la mer d’Aral. La région de la mer d’Aral est une zone prioritaire pour la conservation des milieux humides et plusieurs routes migratoires d’oiseaux convergent vers cette région. Elle joue un rôle central pour la protection de la biodiversité de la mer d’Aral. On y recense notamment près de 2000 espèces d’invertébrés, 30 espèces de mammifères, 178 espèces d’oiseaux ou encore 20 espèces de reptiles. La réserve renferme également quatre centres médiévaux des nomades khazaks sur l’ancienne Route de la soie.

Belo-sur-Mer-Kirindy-Mitea (Madagascar) – Situé sur la côté ouest de l’île, le site se compose d’un bassin versant en amont et d’écosystèmes marins et côtiers en aval. Il constitue une mosaïque d’écosystèmes riches mais fragiles : forêts sèches, fourrés, forêts épineuses, savanes, tannes (terres marécageuses salées peu immergées), mangroves et récifs coralliens. Le récif représente la zone de ravitaillement d’une faune marine spectaculaire composée de mégaptères (baleines à bosse), dauphins, dugongs et tortues marines. La population dépend entièrement des ressources naturelles pour assurer sa subsistance. La biodiversité marine, les îles et les deux lacs salés sacrés abritant des flamands nains représentent des atouts précieux pour le tourisme. L’aquaculture, la pêche pélagique et la production de sel s’ajoutent au potentiel de développement de la région.

Cèdre de l’Atlas (Maroc) – Cette réserve de biosphère, qui se situe au centre du massif de l’Atlas, abrite le majestueux cèdre de l’Atlas et concentre près de 75% de la population mondiale de cet arbre. Cette partie du massif de l’Atlas est riche en écosystèmes. Son point culminant, qui atteint 3700 mètres, offre à la région des ressources en eau d’une importance vitale. La plantation de fruitiers, l’agriculture moderne, les activités touristiques, qui ont succédé à une tradition pastorale semi-nomade exclusive, exercent une forte pression sur les ressources en eau. La culture locale, riche, représente un bastion majeur de la culture berbère.

Isla Cozumel (Mexique) – Située au large des côtes mexicaines, au sud-est du pays, l’île de Cozumel possède des écosystèmes marins et terrestres. Elle est riche en espèces d’amphibiens et de reptiles. Les principaux écosystèmes terrestres sont des forêts de hauteur moyenne et des mangroves. Cette réserve de biosphère fait partie du deuxième plus vaste système récifal au monde, la barrière méso-américaine, où vivent 1192 espèces marines. Près de 80 000 personnes vivent dans cette Réserve de biosphère, essentiellement dans la ville de San Miguel. Le tourisme est l’activité la plus développée sur l’île, qui compte une quarantaine de sites archéologiques mayas.

Gran Pajatén (Pérou) – Au cœur de la Cordillère centrale, cette réserve de biosphère se caractérise par des altitudes élevées et par un écosystème primitif. Elle englobe le Parc national del Río Abiseo, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, qui abrite une faune et une flore des forêts tropicales humides caractéristiques de cette région des Andes. Le taux d’endémisme y est élevé. C’est notamment le seul endroit où l’on trouve le singe laineux à queue jaune, une espèce auparavant considérée comme disparue. Gran Pajatén désigne aussi un site archéologique, situé dans la forêt de nuage andine péruvienne, qui donne un aperçu de la société pré-incaïque. Plus de 170 000 personnes vivent dans la réserve. Les principales activités sont l’agriculture (cacao, café), l’élevage et l’exploitation minière.

Albay (Philippines) – Située à l’extrémité sud de l’île de Luçon, cette réserve de biosphère s’étend sur près de 250 000 ha. L’altitude culmine à 2400 m dans les zones terrestres et varie de 0 à 223 m sous le niveau de la mer dans les zones marines. Elle présente une valeur très élevée en termes de conservation. Elle renferme 182 espèces de plantes terrestres, dont 46 sont endémiques. Les écosystèmes marins et côtiers abritent 12 espèces de mangrove, 40 espèces de macro-algues et 10 espèces de plantes marines. Cinq espèces de tortues marines parmi les sept espèces connues au monde se rencontrent à Albay. L’agriculture est la principale source de revenus des habitants.

Fajãs de São Jorge (Portugal) – La réserve de biosphère couvre l’intégralité de l’île de São Jorge, située dans l’archipel des Açores. Il s’agit de la quatrième île de l’archipel en terme de taille et son point culminant est le Pico da Esperança, à 1053 m. Ses falaises côtières escarpées contribuent à un paysage de moyenne montagne unique composé de prairies de montagne, de tourbières et de broussailles sur les falaises. La combinaison entre une altitude élevée et des écosystèmes côtiers est à l’origine d’une flore endémique très riche. Ces écosystèmes fournissent un habitat à divers invertébrés, mollusques et espèces d’oiseaux. Près de 9000 habitants vivent sur l’île.

Tejo/Tajo (Portugal et Espagne) – Située dans l’ouest de la péninsule ibérique que se partagent l’Espagne et le Portugal, cette réserve de biosphère a pour axe principal le fleuve Tage. Le site se caractérise par sa faible altitude et son relief escarpé. La végétation est constituée principalement de chênes-liège, de parcelles broussailleuses, de zones cultivées et de pâturages. La faune est typiquement méditerranéenne et comprend de nombreuses espèces menacées. Parmi les espèces les plus importantes se trouvent l’aigle impérial, l’aigle de Bonelli, la cigogne noire, le vautour moine ou encore la loutre. La population est réduite et vit essentiellement de l’élevage et de l’exploitation forestière.

Ile de Man (Royaume-Uni) – Située dans la mer d’Irlande, cette île compte une population de plus de 80 000 habitants. La zone présente une côte variée, faite de falaises, d’îlots et de longues plages. Les collines renferment d’importantes réserves de tourbe et sont profondément découpées par des vallées boisées à l’est. La plaine côtière du nord est couverte de pâturages, d’étangs et de zones humides. Les fonds marins présentent des zones riches en biodiversité et abritent d’importantes populations d’anguilles d’Europe, de morues de l’Atlantique ou encore de requins pèlerins. Les terres sont utilisées pour l’élevage ovin et bovin et pour les cultures. La récolte de coquillages est également développée. Depuis la fin du 19e siècle, l’île est une destination touristique populaire. Au cours des dernières décennies, l’île a développé les services et le secteur manufacturier.

Jozani-Chwaka Bay (Tanzanie) – Située sur l’île de Zanzibar, cette réserve de biosphère englobe l’unique parc national de l’île. Le paysage y est composé d’une mosaïque de mangroves, de forêts tropicales et coralliennes, d’eaux souterraines, de marais maritimes et de zones agricoles et résidentielles. La zone est un haut-lieu de biodiversité, où l’on trouve notamment des poissons de récifs, des dauphins, le léopard de Zanzibar et 168 espèces d’oiseaux dont 30 sont d’importance mondiale ou régionale. Parmi les 291 espèces végétales recensées, 21 sont considérées comme menacées. La population présente dans la réserve de biosphère vit essentiellement du tourisme, de la pêche, de l’apiculture, de l’élevage de papillons ou encore de l’engraissement des crabes.

 

Les réserves de biosphère étendues

Trifinio Fraternidad (Honduras) – L’extension concerne la partie hondurienne de la réserve de biosphère de Tri-national Trifinio Fraternidad, partagée entre El Salvador, le Guatemala et le Honduras qui a été désignée en 2011. Cette zone correspond à un important bassin hydrographique partagé entre les trois pays. Cette extension couvre une surface de plus de 270 000 hectares dont six espaces protégés au niveau national.

Selve Costiere di Toscana (Italie)– Désignée en 2004, cette réserve de biosphère portait originellement le nom de Selve Pisana. Elle se situe le long de la côte méditerranéenne italienne, à l’ouest de Pise. L’extension, d’une superficie de plus de 43 000 hectares, couvre deux zones de plaine, une zone de collines ainsi que le secteur de Monte Pisani. Cette extension devrait permettre de mettre en œuvre des activités durables dans les domaines de l’agriculture, de la sylviculture et du tourisme.

Mont Hakusan (Japon) – Cette réserve de biosphère, désignée en 1980, couvre les zones alpines, subalpines et de montagne qui entourent le mont Hakusan, qui culmine à 2700 m au-dessus du niveau de la mer. L’extension multiplie la surface de la réserve par quatre. La réserve agrandie comprend désormais les Villages historiques de Shirakawa et Gokayama, un site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. La réserve compte plus de 17 000 habitants.

Yakushima et Kuchinoerabu Jima (Japon) – Cette réserve de biosphère, désignée en 1980 sous le nom de Yakushima, est située à 60 km au sud de l’île de Kyushu. La réserve est célèbre pour la forêt primaire de cèdres de Yaku et elle englobe le site de Yakushima, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. La réserve agrandie couvre l’ensemble de l’île de Yakushima et ajoute une autre île, Kuchinoerabu Jima en incluant les zones marines qui entourent les deux îles.

Mont Odaigahara, Mont Omine et d’Osugidani (Japon) – Désignée en 1980, sous le nom de réserve de biosphère du Mont Odaigahara et du Mont Omine, cette réserve se situe dans la péninsule Kii de l’île de Honshu. C’est une zone montagneuse où l’exploitation forestière s’est développée plus que l’agriculture. L’extension porte la superficie de la réserve à près de 120 000 ha, contre 36 000 auparavant.
Noroeste Amotapes – Manglares (Pérou) – Cette réserve de biosphère, située sur la côte nord du Pérou, a été désignée en 1977 sous le nom de réserve de biosphère de Noroeste. Elle inclut désormais le Parc national de Cerros de Amotape, Coto El Angolo et la zone protégée de mangroves de Tumbes. L’extension couvre 1 115 947 ha.

Mont Sorak (République de Corée) – Désignée en 1982, cette réserve de biosphère se situe au cœur de la chaîne de montagnes Baekdudaegan. Il s’agit du troisième plus haut sommet du pays. La réserve agrandie, qui couvre une superficie de plus de 76 000 ha, englobe désormais les zones habitées, les forêts et les zones agricoles qui entourent le Parc national du Mont Sorak.
Shinan Dadohae (République de Corée) – Désignée en 2009, cet archipel est situé au sud-ouest du pays. L’extension consiste en un millier d’îles réparties le long de la partie sud-orientale de la péninsule coréenne. Elle englobe également des replats de marée ainsi que d’autres zones naturelles protégées.

Wester Ross (Royaume-Uni) – Anciennement appelé réserve de biosphère de Beinn Eighe, ce site du nord-ouest de l’Ecosse a été désigné en 1976. La réserve agrandie, d’une superficie de près de 530 000 ha, englobe désormais le Loch Maree, qui revêt une importance internationale pour sa population de plongeons arctiques (Gavia arctica).

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