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Chaque année, What’s up Doc publie son classement des CHU choisis par les jeunes médecins après les ECN. Bilan des 3 dernières années écoulées où de grandes tendances se dégagent.

Les premiers de la classe : les hôpitaux dynamiques dans des villes attractivesclassement-des-chu-santecool

Lyon (HCL), Nantes, Montpellier-Nîmes, Grenoble, Rennes: globalement, le top 5 reste le
même sur les 3 dernières années. A cela, deux explications : la qualité de vie et l’attractivité du CHU. Les villes citées apparaissent dans le haut des classements des lieux où il fait bon vivre. « Ce sont également les CHU où les directeurs sont dynamiques , et même le trio directeur–doyen–président de CME (commission médicale d’établissement) fonctionne bien : c’est donc avant tout une affaire d’hommes !» explique le Pr Guy Vallancien, chirugien urologue et membre de l’Académie de médecine.

Les derniers seront- ils les premiers?

classement-des-chu-santecoolLes CHU en bas du classement restent plus ou moins les mêmes en 3 ans. Les hôpitaux de Limoges, Reims, Poitiers stagnent, tout comme ceux d’Amiens et d’Antilles-Guyane. Pour autant, ces mauvaises places ne sont pas une fatalité : la preuve avec le CHU de Saint-Etienne qui passe de l’avant -dernière place en 2013 à la18èmeen 2015 .
D ans ces phénomènes d’ascension, le plus impressionnant reste celui du CHU d’Angers, qui de la 21ème place en 2013, 24ème en 2014, a rebondi à la 15ème
place en 2015. Un résultat qui n’étonne guère : « la politique de communication du CHU angevin est résolument moderne, analyse le Dr Matthieu Durand, directeur de la rédaction de What’s up Doc. L ’utilisation des réseaux sociaux en 2015 pour s’adresser aux nouveaux internes, à l’image de la campagne ‘Adopte un PUPH1’ a une incidence sur le choix des étudiants».

Les grands CHU à la traîne

L’AP-HP descend tout doucement : 7e en 2013, elle est aujourd’hui en 9e position. Pour le Pr Guy Vallancien, l’explication est simple : «Trop grand, trop lourd, ce CHU gagnerait probablement à être divisé en 4 ensembles afin de dynamiser l’activité et décupler les compétences mais c’est un vieux débat qui n’avance pas». Pour le Dr Alice Deschenau, rédactrice en chef de What’s up Doc, «l’élitisme parisien se confirme : aucun effort n’est fait pour offrir une formation de qualité pour les médecins généralistes. A Paris, on veut et on forme des spécialistes, hors médecine générale.

Est-ce un problème ? Apparemment pas pour la direction qui n’a pas souhaité nous répondre!».
Quant à l’AP-HM, encore plus loin sur la liste, elle navigue en moyenne au 13e rang sur les 3 dernières années. « Cela n’a de secret pour personne, l’AP-HM ne va pas bien, elle rencontre des difficultés administratives et financières chroniques» justifie le Pr Guy Vallancien.
Les jeunes médecins ne se bousculent donc pas pour aller se former dans les deux plus grandes villes de France, là où pourtant les densités médicales sont élevées.
Des choix de spécialité en fonction de la qualité de vie et de la rémunération « Les spécialités qui attirent sont celles qui offrent un emploi du temps paramétrable, avec une liberté d’exercice : on n’est plus dans le sacerdoce » explique le Dr Alice Deschenau, à l’image de l’ophtalmologie, la néphrologie et de la dermatologie qui sont les spécialités en tête.
Les chirurgies et autres spécialités chronophages ne sont pas choisies par les jeunes médecins, qui privilégient de plus en plus l’équilibre vie privée / vie professionnelle.
Le sujet des rémunérations est également clé : en l’absence de gardes et d’astreintes, et donc de rémunération, certaines disciplines sont boudées , comme la médecine du travail ou la santé publique.