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Mme Royal s’apprête à lancer le 22 mai le projet « Villes et villages sans pesticides »1 en vue de la création d’un label national « zéro phyto ». Nos associations qui ont lancé en février un projet du même nom au niveau national2 s’interrogent sur les engagements concrets de ce dispositif et sur l’absence de concertation des nombreuses organisations de terrain engagées depuis des années.

Mme Royal reprend donc, sans les y associer pleinement, le travail des ONG et le nom d’une campagne de la société civile, en vue de la création d’un label national « zéro phyto ». Cela pourrait être une bonne nouvelle pour les organisations de prévention de l’environnement, si l’action de Mme la ministre ne ressemblait pas à une action de communication, lancée sans avoireffectué au préalable le travail de fond et de consultation nécessaire.

Y aura-t-il une réunion avec les associations?

Madame la ministre avait demandé à ses services de provoquer une première réunion « d’échange » le 5 mai en vue de la création d’un label national « zéro phyto ». À cette étape furent conviés des ONG comme Natureparif ou Générations Futures, l’UPJ (syndicat des producteurs de pesticides pour les jardiniers) ou des représentants régionaux. Cette première réunion en appelait une 2nde en juin afin de travailler à la mise en place de ce label national dont les contours ont à peine été effleurés. Alors même que le processus de « concertation » était en« marche », Mme Royal lance le 22 mai « Villes et villages sans pesticides » sans que le groupe de travail n’en soit informé et sans que les différents acteurs y soient associés.

 Des craintes

Les associations s’interrogent sur le pourquoi de cette communication précipitée. Est-ce que l’objectif est réellement de mettre en place une politique volontariste de suppression des pesticides, dans et autour, des lieux de vie ? Dans ce cas, selon quel calendrier, avec quelles étapes et indicateurs chiffrés ? S’agira-t-il tout au plus de valoriser l’existant? Valoriser, pourquoi pas mais avec quels outils ? De quelles manières ? Sur quelles bases, définition, indicateurs… ? Mme Royal agit sans avoir mené au bout le processus de concertation et sans avoir notamment posé -ni résolu- la question des moyens à engager sur ce « projet ». Car si oui, la situation impose de réelles mesures rapides

(cf. l’article sur les écoliers tombés malades à acuse des pesticides : http://santecool.net/ecoliers-malades-du-fait-dune-exposition-aux-pesticides), non il n’est pas souhaitable de traiter ce sujet en mettant simplement en place un label national statique et incomplet qui ne répondrait qu’en partie aux attentes des citoyens et des acteurs de terrains : quelles formations aux techniques alternatives pour les agents en charge des espaces verts ?

Quels outils pour faire respecter la loi en matière d’utilisation de pesticides ? Quelles mesures de protection adaptées pour les populations, notamment les plus vulnérables ? Etc.

Ce qui est regrettable dans cette affaire, c’est que plusieurs de nos associations ont tenté, vainement, et à plusieurs reprises d’interpeller Mme Royal sur ce sujet afin de voir comment ensemble nous pourrions oeuvrer pour un objectifcommun : zéro pesticides dans les villes et villages de France.

Les associations s’inquiètent de cette situation qui parait allier manque d’envergure et mépris du travail des différents acteurs. Nous irons d’ailleurs lui en faire part le 22 mai, avec l’espoir d’instaurer un dialogue constructif pour atteindre l’objectif qui est le nôtre sur ce dossier : zéro pesticide dans nos villes et villages.