Pilules de 3e et 4e génération : nous ne voyons que le sommet de l’iceberg

La Commission Environnement et Santé du Parlement européen s’est réunie ce matin pour aborder notamment la question des dangers des pilules contraceptives de 3e et 4e génération. L’occasion pour Michèle Rivasi, députée européenne Vice-présidente du groupe des Verts au Parlement européen, d’interpeller la Commission européenne et l’Agence européenne du médicament (EMA).

PILULES


« Aux Etats-Unis, 17.000 plaintes ont été déposées contre les laboratoires pharmaceutiques produisant ces pilules (accidents vasculaires cérébraux, embolies pulmonaires, thromboses veineuses) et en Suisse, les plaintes s’accumulent également. L’agence nationale française du médicament vient de publier un rapport dans lequel elle annonce qu’entre 2000 à 2011, la pilule contraceptive a provoqué plus de 2.500 accidents veineux et 20 décès (dont 14 attribuables aux pilules de 3e et 4e génération). Il a fallu que la France saisisse l’EMA pour que l’Europe s’intéresse enfin à cette question. Or nous ne voyons aujourd’hui que le sommet de l’iceberg d’un scandale d’ampleur à venir ».

« Si les plaintes ont été si peu nombreuses jusqu’à présent en Europe, c’est avant tout parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de remontées des effets secondaires de ces médicaments par les médecins, les gynécologues et par les patientes elles-mêmes qui ignorent qu’elles peuvent signaler ces effets à la base Euravigilance (1). Ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui occupent tout le terrain pour l’évaluation des risques. Or, en tant que juges et parties, ces laboratoires ne font pas remonter à l’EMA les informations les plus pertinentes« , poursuit l’eurodéputée.

« D’autre part, il est navrant de constater que ces mêmes laboratoires pharmaceutiques ont induit en erreur de nombreuses femmes pendant des années sur les « bienfaits » de ces pilules de 3e et 4e génération (pas de prise de poids, de douleurs mammaires etc) par le biais de sites internet d’information sur la contraception très visibles sur la toile. Leur choix a pu être tronqué par de la publicité déguisée. Enfin, les pharmacies européennes délivrent régulièrement des pilules contraceptives sans ordonnances. Comment connaître alors le véritable chiffres des victimes par AVC, ou de malades si aucun médecin n’a pu suivre ces femmes et si les accidents n’ont pas fait l’objet de remontées d’informations à l’EMA?« , s’interroge Michèle Rivasi.

L’agence européenne des médicaments a annoncé au cours de la réunion du 26 mars que les résultats d’une étude élargie sur les contraceptifs hormonaux (pilules, patches, anneaux vaginaux etc) seraient rendus au mois de juillet ou de septembre 2013. La pilule Diane 35 fera pour sa part l’objet d’une évaluation séparée, plus rapide, et ouverte au public, qui pourra témoigner sur la base Euravigilance. Les résultats seront connus dès la fin du mois d’avril 2013. En attendant, la France a demandé la suspension de l’autorisation de mise sur le marché de ce médicament sur son territoire.

(1) site internet Euravigilance : eudravigilance.ema.europa.eu/human/index.asp

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