LEVOTHYROX : une nouvelle faillite de l’alerte sanitaire

LEVOTHYROX-une-nouvelle-faillite-de-l-alerte-sanitaire-santecoolLe Levothyrox, fabriqué par le laboratoire allemand Merck, est l’un des médicaments les plus prescrits en France. Trois millions de patients souffrant de troubles thyroïdiens l’utilisent. Mise en service fin mars 2017, la nouvelle formule du Levothyrox réalisé par le laboratoire Merck à la demande de l’ANSM avait pour objectif d’uniformiser le produit, d’améliorer sa stabilité. Le principe actif n’aurait pas changé. Il s’est agit de supprimer un excipient (le lactose) par le mannitol et l’acide citrique anhydre.

Alertée par des patientes malades de la thyroïde se plaignant d’effets secondaires indésirables insupportables (lourde fatigue, crampes, paralysie, vertiges, maux de têtes…) dès le mois de mai, j’avais alerté l’ANSM par courrier qui ne m’a jamais répondu. J’en ai reparlé au Directeur général de la Santé M. Vallet lors d’un rendez-vous fin juillet. Il n’était pas au courant. Cela démontre le déficit dans la démocratie sanitaire en France et la faillite de notre pharmacovigilance. L’alerte liée aux effets indésirables et secondaires des produits de santé vient systématiquement des victimes.

L’Agence du médicament sous la pression médiatique a mis en place un numéro vert mercredi 23 août. Force est de constater que la demande était pressante. En effet, environ 50 000 appels ont été reçus jeudi dernier (premier jour de l’ouverture de la plateforme) et 22 000 vendredi. La pétition lancée par une victime et demandant le retour à l’ancienne formule, a déjà recueilli 165 000 signatures.

Je réclame avec les associations de victimes (l’Association française des malades de la thyroïde notamment) l’abandon de cette nouvelle formule en urgence.
Les Pays Bas ont abandonné cette nouvelle formule. Nous pourrions acheté des stocks d’ancienne formule en Allemagne pour parer à l’urgence.
La mise en place d’un numéro vert par l’ANSM n’est pas à la hauteur des enjeux pour répondre à cette crise sanitaire.
D’autre part, l’OMS, via sa base de données de pharmacovigilance, dans son numéro 2 de l’année 2017, la WHO Pharmaceuticals Newsletter publie un article(1) sous le titre : « Panic attacks with levothyroxine » (Dr G Niklas Norén and Dr Birgitta Grundmark, Uppsala Monitoring Centre) émet un « signal ». Le centre de pharmacovigilance d’Uppsala y analyse ainsi 187 observations relatives à des attaques de panique (« panic attacks »), des effets indésirables qui seraient imputables au principe actif lui-même : la lévothyroxine (LÉVOTHYROX® ou autre). Et non pas aux excipients… Ces observations sont enregistrées dans la base de données de pharmacovigilance de l’OMS (VigiBase®).

Des études complémentaires doivent être réalisées concernant ce médicament (ancienne et nouvelle formule).

Je vais écrire à l’Agence européenne du médicament et me renseigner auprès de la base européenne Eudravigilance sur les remontées au sujet du Levothyrox.

 

Michèle Rivasi

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5 Commentaires sur “LEVOTHYROX : une nouvelle faillite de l’alerte sanitaire

  1. shaya says:

    Bonjour,

    Je suis une patiente fortement impactée par ce changement de formule pourtant tres favorable au changement d’excipients.
    Que dites vous du fait que mon endocrinologue vient de me répondre que très fortement les premières boites du nouveau levothyrox avaient une erreur de dosage de la substance active mais seulement malheureusement que quelques patients en ont subit un dommage important.
    je suppose donc qu’il a eu l’information en interne de ses sociétés savantes pour le supposer grandement et que les autorités sanitaires ainsi que le laboratoire étaient informés.
    Donc l’analyse du médicament actuelle ne montrera surement pas l’erreur de dosage de la substance active car les stocks depuis mars ont du être écoulé.
    Voila comment on joue avec la santé des patients juste pour du profit .

  2. denice says:

    J’ai trouvé du Levothyrox ancienne formule en Italie, où il est vendu par boite de 50 comprimés sous le nom de Eutirox à un prix proche du français (mais pour 30 comprimés seulement…).
    Les pharmaciens de Milan m’ont dit qu’il n’était pas question de changer cette formule.

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