La maladie d’Alzheimer et son diagnostic

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La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative d’apparition lente dont la phase asymptomatique peut durer de cinq à quinze ans. Près de 900 000 en sont atteintes et les prévisions tablent sur 2 millions de personnes d’ici 2030. Comment diagnostique-t-on la maladie ? Quel intérêt de la diagnostiquer le plus tot possible ? Où en est la recherche ? Réponses.

 

La maladie d’Alzheimer représente aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur. Son incidence augmente de façon exponentielle après 65 ans pour atteindre une fréquence de 15 % à 80 ans. Avec 900 000 malades, la France figure parmi les pays où le nombre de patients affectés par la maladie d’Alzheimer est le plus élevé.

La maladie se caractérise par des troubles de la mémoire et une perte progressive des facultés cognitives et de la capacité d’autonomie du patient.

La pathologie est associée à des pertes neuronales importantes et à la présence de deux types de lésions caractéristiques dans le cerveau des malades: les plaques séniles et les dégénérescences neurofibrillaires, à l’origine d’une atrophie cérébrale.

  • Les premières sont constituées essentiellement de dépôts de protéines ß amyloïdes agrégées.
  • Les secondes résultent de l’accumulation de protéines TAU (Tubulin Assocciated Unit) hyperphosphorylées dans les neurones.

 

Ces deux types de lésions commencent à apparaître de dix à vingt ans avant les premiers symptômes. Ils peuvent également être observés dans d’autres types de démences.

Aujourd’hui, le diagnostic de la maladie ne peut être posé avec certitude que post-mortem.

Les méthodologies en vigueur sont donc basées sur l’exclusion des autres types de démence (démence vasculaire, démence à corps de Lewy, démence compliquant la maladie de Parkinson, dégénérescence lobaire fronto-temporale). Elles permettent néanmoins de poser un diagnostic quasi certain, à partir d’un faisceau d’arguments cliniques et neuropsychologiques, de données d’imagerie cérébrale et, plus récemment, des biomarqueurs (imagerie TEP et liquide céphalo-rachidien) sont apparus comme des outils très performants pour diagnostiquer de façon plus précise et plus précoce.

Le diagnostic repose sur la combinaison de plusieurs évaluations :

  • l’examen clinique, qui vise à déceler d’éventuels troubles neurologiques (troubles oculomoteurs, troubles de la posture et de la marche, syndrome parkinsonien, mouvements involontaires…) et à apprécier l’état général et nutritionnel du sujet. •le bilan neuropsychologique, destiné à estimer les troubles cognitifs du patient à partir de tests évaluant la mémoire, le langage (expression et compréhension), le jugement, le raisonnement…
  • l’imagerie cérébrale, qui combine l’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale, ou du scanner pour visualiser l’atrophie des régions cérébrales, et la scintigraphie cérébrale.
  • les biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien (LCR), avec le dosage des protéines TAU, des protéines TAU phosphorylées et des protéines ß amyloïdes. Il nécessite la réalisation d’une ponction lombaire.

La diminution de la concentration en peptides amyloïdes dans le LCR est corrélée au nombre de plaques amyloïdes dans le cortex cérébral, tandis que l’augmentation de la concentration en protéines TAU phosphorylées dans le LCR est corrélée à la quantité de dégénérescences neurofibrillaires.

La modification de la concentration de ces biomarqueurs dans le LCR peut s’observer plusieurs années avant l’apparition des signes de la maladie d’Alzheimer.

L’utilisation de ces dosages de biomarqueurs se positionne en complément des biomarqueurs d’imagerie et des investigations cliniques et neuropsychologiques.

Les enjeux d’un diagnostic précoce

Alors que la maladie d’Alzheimer présente une évolution progressive, l’apparition de différents troubles cognitifs associés et de troubles du comportement va retentir sur l’ensemble des activités de la vie quotidienne (toilette, habillage, alimentation, déplacement…) et entraîner une dépendance croissante du malade. La maladie d’Alzheimer est ainsi la cause principale de dépendance lourde du sujet âgé.

Face à cette maladie d’apparition lente, il s’avère plus que jamais indispensable de disposer d’un diagnostic précoce et fiable pour traiter les symptômes de la démence, et pour organiser la prise en charge médico-sociale et l’accompagnement du patient dans sa vie quotidienne.

 

Un nouveau traceur pour l’imagerie moléculaire

L’arrivée de nouveaux types de radiotraceurs permetde disposer de possibilités d’un diagnostic plus précoce avec la tomographie par émission de positons (TEP). Ces radiotraceurs se fixent spécifiquement sur les plaques amyloïdes et/ou sur les dégénérescences neurofibrillaires et vont émettre des positons qui seront détectés par la TEP.

La conjugaison de l’arrivée de ces nouveaux traceurs et de nouvelles techniques d’imagerie moléculaire peut ainsi permettre d’évaluer la charge amyloïde à un stade précoce et de mettre en évidence, à un stade prédémentiel, les lésions cérébrales caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

Un de ces nouveaux radiotraceurs (florbetapir 18F), a été autorisé en Europe en janvier 2013.

Ce pigment injectable, marqué au fluor 18, se fixe avec une affinité et une spécificité élevées au niveau des plaques amyloïdes du cerveau.

Celles-ci peuvent alors être visualisées par TEP, autorisant l’identification de la présence des plaques amyloïdes pendant la vie du patient.

Les études réalisées indiquent une sensibilité de 92 % et une spécificité de 100 % et montrent que les caractéristiques du florbetapir sont compatibles avec une utilisation en routine*. Le Rapport Européen Public d’Evaluation (EPAR) du florbetapir, réalisé par l’Agence Européenne du Médicament, indique que le produit doit être administré par injection intraveineuse environ 30 à 50 minutes avant l’obtention d’une image lors de l’examen.

*Using PET with 18 F-AV-45 (florbetapir) to quantify brain amyyloid lo ad in a clinical environment. V. Camus et al. Eur J Nucl Med Mol Imaging. DOI 10.1007/s00259-011-8

La maladie d’Alzheimer

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