Entretien avec Paul Lefevre et trois extraits inédits d’A Love You

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Vous adoré les films hilarants comme La chèvre, Les Valseuses ou Marche à l’Ombre et êtes nostalgiques de cette époque ? Voici A Love You digne successeur de ces chefs d’œuvre de l’humour. Entretien avec Paul Lefèvre et extraits exclusifs.
Suite à une soirée trop arrosée et une nuit inoubliable avec une inconnue, Manu se réveille seul avec un message sur son bras lui donnant rendez-vous à Avignon. Persuadé qu’il s’agit de la femme de sa vie, il est prêt à tout pour la retrouver. Manu embarque, malgré lui, son pote Fred sur la route. Ce qui semblait être une simple virée entre amis va vite tourner à la catastrophe.

Entretien avec le réalisteur d’A love you, Paul Lefevre

A l’origine du projet, il y a d’abord eu un court métrage. Comment est née l’envie de faire un film d’A love you ?
En 2010, après trois ans d’école de cinéma, j’ai présenté mon court métrage de fin d’études au festival international Génération Court. Alain « Biff » Etoundi (producteur exécutif) était membre du jury et a montré le film à Luc Besson dont il est un proche collaborateur. Tout s’est enchaîné.
J’ai démarré l’écriture du scénario en reprenant la trame du court métrage : l’histoire de deux potes qui partent retrouver une fille dans le sud.

Quel est votre parcours ?
J’ai passé toute mon enfance à Chartres. J’ai toujours voulu être comédien. Et quand tu viens de
Chartres, vouloir être comédien, c’est assez drôle. Surtout pour tes parents. Alors, pour les rassurer, et peut-être pour me rassurer aussi, j’ai eu envie de faire des études de réalisation, en me disant « au moins, je pourrai me mettre en scène ! » J’ai donc quitté Chartres pour intégrer une école de cinéma à Saint-Denis (93), l’EICAR. A la fin demes études, j’ai décroché un stage aux Guignols de l’Info. J’y faisais du très bon café. C’est la rencontre avec Luc Besson qui a tout accéléré.

Quelles sont vos références en matière de comédie ?
Je suis plutôt éclectique. Pour A LOVE YOU, je souhaitais réaliser un film de potes à l’image des tandems tels qu’on en voyait dans les grandes comédies des années 70 et 80. Des films comme LA CHEVRE, LES VALSEUSES ou encore MARCHE A L’OMBRE. Pour autant, je n’ai pas écrit en les ayant en tête. Je voulais avant tout faire un film personnel, à l’humour décalé et irrévérencieux, même s’il est difficile de l’être aujourd’hui puisque tant de films se revendiquent impertinents.

https://youtu.be/lywRfPkOVzQ
A travers la comédie, le film traite avec humour de différents thèmes comme l’amitié et l’amour…
Les comédies qui traitent de ces sujets ne s’adressent pas toujours à ma génération. Or j’avais envie d’aborder ces thèmes avec un ton et un vocabulaire qui me sont propres. Dès le départ, j’ai eu le désir d’évoquer la façon dont les réseaux sociaux ont modifié les rapports. Pour l’illustrer, je voulais priver mes deux personnages du soutien de la technologie : les isoler, les déposséder de leur portable. L’idée était de les obliger à sortir des rencontres formatées telles qu’on peut les vivre sur la toile. Bref, de les mettre en situation, qu’ils ne puissent compter que sur leur instinct.
Présentez-nous les personnages : Manu, Fred et Juliette.
Manu (Antoine Gouy) cultive une vision très romantique de l’amour, quitte à verser dans l’excès. Dans le même temps, il n’hésite pas à coucher avec une fille dont il ne connaît même pas le prénom. Au lendemain d’une fête bien arrosée, alors que sa conquête d’une nuit à disparu, il décide de la rejoindre à Avignon, grâce à l’adresse qu’elle a inscrite sur son bras. Pour embarquer son pote
Fred, il vante les mérites de l’aventure. Fred pour sa part est fataliste et pragmatique. En attendant que le destin mette sur sa route la femme idéale, il multiplie les aventures sans lendemain. Juliette, quant à elle, est dotée d’un certain sens pratique et d’une maturité qui fait un peu défaut aux deux compères.

En quoi sont-ils emblématiques de votre génération ?
Ce serait prétentieux de prétendre qu’ils le sont. Je tenais simplement à ce qu’ils aient chacun une vision différente de l’amour, de l’amitié et qu’ils confrontent chacun leur point de vue. Mon ambition n’est pas d’apporter des réponses, mais d’interroger puis laisser le spectateur se faire sans propre opinion.

Quel est le personnage qui vous ressemble le plus ?
Je suis à la fois Fred et Manu, romantique et pragmatique. Avec les réseaux sociaux, notre génération a développé une certaine aisance à parler et se livrer, mais surtout de façon virtuelle. Ce qui fausse les rapports. Je ne sais pas si c’est bien ou mal. Je le constate.

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Antoine Gouy pour incarner le rôle de Manu ?
J’avais deux critères de sélection : la qualité de jeu et la communion d’esprit. Il fallait que la complicité entre nos personnages soit visible, évidente. J’ai casté pas moins de trente acteurs. Mais à quelques jours du début du tournage, je n’avais toujours pas trouvé le Manu que je cherchais. Fanny Valette m’a alors parlé d’Antoine. Entre nous, ça a tout de suite collé. On a le même humour.
Au cours de leur folle aventure, les deux amis croisent beaucoup de seconds rôles hauts en couleur.
Chaque personnage apporte une vision différente de l’amour. Il y a ce routier homosexuel refoulé (Eddie Chignara), le quadra misogyne joué par Vincent Leyris, pour qui les relations se limitent au sexe et chez qui on devine une blessure sentimentale qui l’amène à se venger des femmes, puis il y a le couple senior qui incarne l’amour au long cours, celui qui relève de l’investissement personnel et d’une forme de travail.
Puis arrive Fanny Valette…
Je cherchais une actrice dotée d’une certaine fraîcheur et capable d’apporter des nuances dans son jeu. Fanny possède les deux. Il était important que sa fraîcheur irradie au point que le spectateur admette qu’on puisse immédiatement tomber amoureux d’elle.

Qu’apporte son personnage au duo que vous formez avec Manu ?
Dans la première partie du film, les deux potes confrontent leur point de vue. Juliette apporte au débat une vision réfléchie et réaliste. Et son sens pratique bouscule Fred plutôt figé dans sa pudeur.
Elle l’aide à se dévoiler, à sauter le pas.

De quelle façon le périple que vous traversez agit sur vos personnages ?
Grâce à Juliette, mais aussi à Manu qui le pousse à partir à l’aventure, Fred comprend que le destin se provoque en allant à la rencontre de l’autre. S’il n’avait pas suivi son pote, il n’aurait pas rencontré Juliette. Quant à Manu, s’il est d’abord déçu par l’issue de son périple, il réalise tout à coup que la femme qu’il aime était déjà dans sa vie.

A love you est un film de Paul Lefevre, Paul Antoine Gouy, Paul Lefevre, Fanny Valette, Dominique Pinon, Vincent Leyris et Eddie Chignara

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